Il existe deux types d’auteurs, les structuraux, ceux qui écrivent tout le scénario à l’avance, prépare des fiches de personnages détaillés et commencent par la fin pour écrire le début ; et les scripturaux, qui y vont à l’instinct sans trame et sans filet de sécurité.

Ces deux catégories d’auteurs se font la guerre et sur tous les forum ou les groupes sur lesquels j’ai pu tomber, il y a toujours eu crêpage de chignon.

Focus sur ces deux philosophies d’écriture :

Selon les structuraux, les scripturaux y vont à l’aveuglette et pondent des romans méli-mélo sans vraiment trop savoir comment ils en sont arrivés là.

Selon les scripturaux, les structuraux sont des psychorigide qui ne comprennent rien à l’art ni à la création. L’écriture c’est pas des math, c’est du feeling !

Alors j’ai volontairement exagéré les traits des deux catégories histoire de mettre le feu aux poudres, mais en réalité, je pense que ça va plus loin que ça.

Les deux exemples les plus frappants que j’ai de ces deux types d’écrivains sont Stephen KING, du camp des scripturaux, et Jonh TRUBY, structural.

Stephen, dans son livre écriture, exprime noir sur blanc qu’il ne comprend pas plus que ça le processus d’écriture. La citation qui suit le range définitivement dans la case des scripturaux ;

J’aimerai vous dire que Stephen King parle en son nom ici, mais ce sont les mots d’un de ses personnages. Pense-t-il de la même façon ? Je ne l’ai jamais entendu de sa bouche en tout cas. Mais dans son livre écriture, tout laisse à penser que c’est sa façon de voir. Lorsqu’il parle d’écriture, il le compare à un fossile, qu’on sort de terre à force d’écrire. Le tout est de le révéler sans trop endommager le squelette.

En face, nous avons Jonh Truby, avec «Anatomy of a Story» et avec ses conseils du type : «Commencez par la fin pour écrire le début » nous comprenons bien que c’est là un auteur structural. Selon ses théories, il faut d’abord déterminer ce que sera son personnage à la fin de l’histoire pour décider de qui il est au début, puis enfin, se pencher sur ce qui se passe entre les deux.

Mais qui à raison au final ?

Bah… les deux. Pour moi, c’est une question de feeling. N’essayez pas d’être l’un ou l’autre, prenez le bon de chacun, et laissez le reste de côté.

RETOUR SUR MON EXPÉRIENCE :

Pour moi qui ne fais jamais de fiche de personnage, je me suis toujours dit scripturale, parce que l’idée que je me suis longtemps fait des fiches perso, c’est ça :
-Age
-Sexe
-Couleur de peau/yeux/cheveux
-Longueur du pénis

J’ai toujours eu horreur de choisir les traits physiques de mes persos, leur métier ou autre avant d’avoir écrit l’histoire. Une allure générale et quelques tics me viendrons bien en cours de route. Mais décider à l’avance qu’elle aura les cheveux gris-roux et les pieds palmés, je m’en battais les steaks.

Le discours de Stephen KING me correspondait parfaitement, du coup. Bombant le torse de ne pas avoir besoin de fiche ni de trame. Artiste dans l’âme, laissant le champ libre a mes personnages. Mais au fond, j’ai toujours trouvé que mes écrits manquaient de portée. Pourtant, ceux de Stephen King sont tout sauf creux.

C’est pourquoi lire Jonh Truby m’a mis une sacré claque. J’ai découvert que la fiche personnage que les auteurs publiaient à foison ne me correspondaient pas car axé sur des détails que je ne pouvais pas connaître avant d’avoir mis les pieds dans le cambouis.

Pour la faire courte dans son livre, Jonh Truby nous dit qu’il faut savoir où on va pour savoir qui on est.

Avant, lire ça m’aurait fait rouler des yeux, dans la vie, on nous apprend plutôt le contraire. Et puis quoi encore, un personnage pré-maché ? Bonjour la créativité.

Aujourd’hui, je pense que j’avais tord.

Pour deux raisons.

  • Je ne pense pas qu’il faille tout décider à l’avance, mais pas non plus ne pas réfléchir du tout. Il faut juste réfléchir à qui est son personnage, et qui il sera après l’acte final (et bien le noter). Une fois ce cap passé, je ne sais absolument pas comment passer du point A au point B, mais j’ai une certitude : quoi qu’il se passe, mon personnage doit évoluer vers « ça ». J’ai un cap, et une histoire à imaginer autour de ce fil conducteur. Cela ne me bride pas, au contraire, il oriente mon imagination.

Est ce que ça veut dire que je ne suis pas d’accord avec Stephen King ?

Et bien au contraire, je suis toujours d’accord avec lui.

  • Même si je sais ma destination, le chemin n’a rien de figé, il peut se passer tout et n’importe quoi . Oui, mais maintenant, j’ai un filet pour me rattraper si ça part en cacahuète. Construire un personnage et réfléchir à la meilleure façon de le façonner pour que l’histoire soit la plus riche possible n’enlève rien à l’inconnu et à la création, encore moins à l’instinct. C’est un outil qui permet de donner encore plus de portée à ses intrigues ; qui permet de lier beaucoup plus intimement l’interne du personnage et sa quête externe.

Ce que je crois aussi, c’est que Stephen est un génie, et qu’il a simplement intégré tout ce qui fait une bonne histoire, et que sans jamais avoir à l’expliquer (pourquoi le ferait-il d’ailleurs) , il fait tout ce qu’explique Jonh Truby , mais d’instinct… Ou pas, mais vraiment, qu’est ce qu’on en a à faire ? Mettre les gens dans de petites cases et exclure tout ce qui dépasse est vraiment la meilleure façon de ne pas en apprendre.

En conclusion,

Arrêtez d’écouter ce que les gens vous disent (!) et écrivez de la façon dont vous êtes le plus à l’aise. Si vous n’êtes pas sûr, testez ! Gardez ce qui vous convient, jetez le reste aux oubliettes.

En ce qui me concerne, la structure n’est pas un tueur de créativité, mais un outil pour pousser un thème, développer son personnage plus loin que s’il s’était dévoilé de lui-même, gagner en efficacité également. Au final, moins de blocages et de pages blanches.

Et vous, qu’en pensez vous ? La structure est elle l’ennemi de l’instinct ? De quel camp faites vous parti ?

A vos plumes ,

PwiPwi

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